Un cher ami d'enfance à moi est tragiquement décédé vendredi dernier et m'a amené à observer un phénomène particulier. L'évolution de sa page Facebook et l'activité dans un groupe dédié à sa mémoire. Et cela amène quelques questionnements.
Olivier est décédé le 15 août 2008 et le 14 août, il ajoutait encore un ami à sa liste de connaissances Facebook :

Le lendemain, tragédie et avalanche de témoignages sur son mur, sans aucun contrôle possible de sa part, évidemment, mais non plus par les membres de sa famille. Heureusement, Olivier était une personne exceptionnelle qui n'a que de bons amis, alors rien de mauvais goût n'y apparait, au contraire. Mais ce pourrait être autrement, et à court terme, personne ne peut rien y faire.
De plus en plus de photos d'Olivier taggées et ajoutées par ses connaissances apparaissent sur sa page. Encore une fois, que du bon.
C'est honnêtement un très bel outil pour célébrer, recueillir les témoignages de dizaines, voire de centaines de proches que ce Facebook.
Un groupe s'ouvre pour plus de flexibilité, 338 membres sont au rendez-vous. C'est là que l'information sur le service apparaît. C'est là aussi que l'on affiche l'annonce de l'accident de voiture. On y choisit aussi en groupe la musique qui jouera pendant les funérailles. Une amie journaliste d'Olivier y publie aussi ce merveilleux texte qu'elle a écrit. Sans compter des dizaines de témoignages et d'écrits au sujet d'Olivier. Magnifique souvenir pour Pierre, Martin et Amélie, la famille éplorée d'Olivier qui au moins peuvent constater l'immense vague d'amour dirigée vers eux et Olivier.
L'avantage du groupe, c'est que des amis de bonne foi peuvent y contrôler le contenu.
La question du contrôle du contenu
Si on peut bien contrôler le contenu du groupe, c'est moins vrai pour le profil d'Olivier. Lui seul connaît son mot de passe. Et en attendant, personne ne peut le "détagger" d'une mauvaise photo ou encore retirer un commentaire déplacé de son mur.
Comment réagissent les services Web dans ces cas ?
En fait, Facebook est dans les plus accommodants. Il permet à la famille de faire parvenir un certificat de décès, de leur déléguer le contrôle et de transformer sa page de profil Facebook en une "memorial page". Voici ce qu'en dit Facebook :
When it comes to our attention that a user has passed away, put the profile in a Memorial State. In the Memorial State, certain profile sections and features are hidden from view to protect the privacy of the departed. We encourage users to utilize groups and group discussions to mourn and remember the deceased.
Ce ne serait pas du tout la même situation ailleurs. Certains n'ont tout simplement pas de politique pour la mort d'un de leurs utilisateurs. Flickr accepte les certificats de décès, mais se contente de fermer le compte et de détruire toutes les données :
Il faudra bien que l'on s'y penche un jour :
Je me demande ce qu'en pense mon vénéré professeur Maître Vincent Gautrais ?
En attendant ces réponses, il me reste à pleurer mon cher ami d'enfance.`
Lire aussi :
Facebook : les possibilités pour votre entreprise
par Jean-Francois Renaud
Touchant témoignage, Jean-François, et profonde réflexion. Merci de les avoir partagés et sois assuré de ma compassion face à l'épreuve que la famille et les amis d'Oliver traversent aujourd'hui.
Les réseaux sociaux chamboulent beaucoup de choses, en effet. Il existe une véritable industrie 1.0 de la commémoration virtuelle (il suffit de chercher "Online memorial" dans Google pour s'en convaincre), mais les sites communautaires à la Facebook en sonne probablement le glas, à moins qu'elle ne sache s'adapter (pourquoi pas une application de ce type dans Facebook?).
Le rapport entre un décès et les contenus numériques publiés par le défunt sur Internet est une question intéressante. Comme on fait don de son corps à la science, on devrait pouvoir faire don de ses contenus à l'humanité. Flickr pourrait prévoir une case à cocher en ce sens, par exemple, de façon à ce que la volonté du défunt soit respectée par ses ayant-droits.
Reste la question du copyright et des coûts. La clause de passage dans le domaine public 50 ou 70 ans après la mort s'applique-t-elle aux contenus Web ou devrait-elle être révisée? Et qui paie pour le maintien en ligne de ces contenus si nécessaire? Ouf! Ce billet risque de nous entrainer loin!
Merci Jean-François pour ce qualificatif. Le web étant une zone de «vie», forcément, «l'après vie» y est bien entendu traitée de la même manière. Il semble que ce phénomène de deuil virtuel soit assez courant, l'ayant personnellement déjà constaté pour une ancienne étudiante de la Faculté de droit décédée plus tôt cette année.
Le lien n'est pas direct, mais il me fait un peu penser à un billet de Jacques Attali évoquant un site américain colligeant les pages (blogue - facebook - myspace - etc.) de généralement jeunes personnes décédées à la suite d'accident ou autres raisons.
http://blogs.lexpress.fr/attali/2007/02/second-death.html
Mais revenons à tes questions. Sans avoir fait de recherche, je puis dire que dans les hypothèses que tu mentionnes (cad atteinte à la mémoire d'une personne décédée), il est 3 bases juridiques qui sont susceptibles de s'appliquer: 1) la diffamation; 2) le droit à l'image; 3) la protection de la vie privée. Ces 3 composantes sont ce que l'on appelle des attributs de la personnalité et ils persistent après la mort de l'intéressé(e). Aussi, toutes personnes qui a un intérêt pour agir (en général les membres de la famille), sont donc habilitées à intenter un recours contre la personne qui salirait la considération de la personné décédée. Le problème, comme souvent sur Internet, c'est la règle du «pas vu pas pris» et encore faut-il être en mesure de retracer le controvenant. Mais c'est possible.
J'ajouterai que oui, c'est peut être bien que FB prévoit dans son contrat cette hypothèse mais 1) cela n'empêche pas pour d'autres sites qui ne prévoit rien que la famille fasse une demande pour fermer la page et 2) on ne peut tout prévoir dans les contrats, sous peine, comme dans FB, d'en avoir qui sont passablement illisibles.
Enfin, assurément, il est sans doute une très bonne suggestion de prévoir la «transmission» de ses mots de passe dans un testament. L'existence virtuelle étant de plus en plus grande, il n'est pas sot de prévoir sa «succession virtuelle».
Toutes mes condoléances.
Chez MySpace, notre service à la clientèle prend généralement une entente avec la famille du défunt, nous traitons chaque cas de façon individuelle.
Mes sympathies Jean-François, Merci Vincent et Christian pour ces très bons commentaires.
Triste nouvelle mais réflexion profonde qui nécéssite que l`on s`attarde un peu plus sur la question.Faut-t-il penser que ça prend toujours une premiere victime pour sensibiliser le reste de la population et bien je crois que oui malheureusement .pAR LE FAIT Même souhaitons que cette tragédie puisse faire évoluer les choses dans le bon sensafin que tous ensemble un pas vers l`avant.Merci encore pour cette sensibilisationet surtout bon courage dans cette épreuve .sincère condoléance.
Oui Je Trouve Que C'est Super De Pouvoir Continuer Le Cite En Memoire De QU'el Q'un
Moi J"aimerais Que Qu'el Q'un Le Fasse Pour Moi
je trouve ca tres bien de faire une publication sur les personnes decedes qui etaient des amies famille ainsi que collaborateurs qui nous cotoyaient sur le site c est une marque de reconnaissance qui est bien acceuilli .
À ce sujet, une affaire qui fera sans doute office de précédent aux US : http://www.geekmaispastrop.com/2009/02/mourir-sur-le-net-la-suite/
oui c est une excellente idee de faire une publication car avec les contacts donnes cela nous aident du moins pour moi