Un homme et son Parti - Élections fédérales 2008
Dès la page d'accueil, ce qui frappe le visiteur est cette photo de Jack Layton qui regarde par-dessus votre épaule vers le futur (vers la gauche, évidemment). Vêtu d'un costume sombre, chemise blanche éclatante, on le sent prêt à prendre la parole « live » sur votre écran.
Cette approche tranche avec le regard de grand frère de Gilles Duceppe, le désintérêt de Stephen Harper qui semble prendre plus de plaisir à regarder la télé en famille (ou le crépitement du feu de foyer, c'est selon...) ou les photos « d'actions » de Stéphane Dion.
Dès la page d'accueil, on sait qu'on vient d'aboutir non pas chez la mascotte du Parlement comme on le disait aux dernières élections, mais bien chez l'aspirant-aristocrate de la course au pouvoir.
Pour appuyer cette position, la page d'accueil est épicée du mot « Leadership ». Monsieur Layton est un homme très charismatique, trop peut-être qui tente clairement de démontrer qu'il peut lui aussi, jouer dur.
Les objectifs du site
• Présenter Jack Layton comme un candidat de poids aux élections fédérales de 2008
• Dénigrer le Parti Conservateur et son chef
• Présenter le NPD comme un parti aussi important que les Conservateurs et les Libéraux
Présenter Jack Layton comme un candidat de poids aux élections fédérales de 2008
Jack Layton, aux dernières élections était considéré un peu comme le « comic-relief » de la course au pouvoir. Très charismatique, au point même où on avait l'impression que ça venait en conflit avec le rôle d'homme politique efficace, Monsieur Layton a toujours semblé être considéré comme une quantité négligeable sur l'échiquier politique canadien.
Pendant la période de gouvernement minoritaire, son parti a eu tendance à prendre des décisions faciles qui ne l'ont pas présenté comme un adversaire particulièrement farouche.
La mouture 2008 tente de changer tout ça. Le ton est plus agressif. Jack Layton revendique beaucoup de réalisations au détriment de monsieur Harper et sur utilise la carte du Leadership (au détriment de Stéphane Dion).
D'intérêt aussi sont les commentaires voulant que l'équipe du NPD soit plus forte que jamais. Malheureusement, on n'insiste pas suffisamment sur cet aspect considérant que les Conservateurs et les Libéraux ont des problèmes à articuler l'apport de leurs équipes dans la campagne.
Dénigrer le Parti Conservateur et son chef
Encore ici, l'ennemi numéro 1 est le parti Conservateur. C'est triste de constater que peu de joueurs ne semblent se soucier des autres partis que celui des Conservateurs. Mais le NPD semble s'éloigner de la stratégie d'acharnement contre les Conservateurs qui semblait prévaloir en début de campagne. On semble plus intéressé, maintenant, à parler des réalisations envisagées par le NPD. On commence à multiplier les promesses en gageant qu'elles feront pencher la balance.
On utilise aussi beaucoup l'idée que les Conservateurs sont à la solde des grandes entreprises. Le NPD en profite pour y confronter ses valeurs sociales-démocrates. Après avoir fait un bout de chemin sur l'environnement, le NPD se tourne maintenant vers la famille, sujet un peu négligé depuis le début de la campagne.
Présenter le NPD comme un parti aussi important que les Conservateurs et les Libéraux
Le NPD jouit d'une situation qui n'est pas sans rappeler la situation de la compagnie Avis dans les années 60. Avis, la compagnie de location de véhicule était bonne deuxième derrière Hertz, le numéro un de la location de matériel roulant aux États-Unis. L'agence Doyle, Dale & Bernbach revit la position d'Avis et pondit le slogan maintenant célèbre : « We are only number 2. So we try harder! ». Une proposition qui fit bien du mal à Hertz qui pouvait difficilement répondre à une telle attaque.
Le NPD est un peu comme ça. Il n'a pas grand-chose à perdre et ne sera ni élu ni même l'opposition officielle. Dans ce sens, il a les coudées franches pour promettre et bien paraître. En ce moment, même si les sondages confirment les Libéraux en deuxième place derrière les Conservateurs, au lendemain du scrutin, la situation pourrait ne pas être aussi claire.
Il devra toutefois faire attention s'il veut rester crédible.
On note aussi, depuis quelques jours une recrudescence de promesses de la part du NPD.
Mes recommandations
• Attention aux promesses électorales, les Canadiens ont suffisamment été trompés par celles-ci pour qu'elles représentent une garantie de succès
• S'acharner davantage sur le parti Libéral
• Présenter une équipe, faire la démonstration des connaissances contenues dans le Parti
Merci à Guy Gagné pour cette contribution
Voir aussi le blogue "Le parti, c'est l'homme ! - Élections fédérales 2008" pour en connaître davantage sur la stratégie de Stephen Harper, "L'homme, c'est le parti ! - Élections fédérales 2008" pour en connaître davantage sur la stratégie de Stéphane Dion et "La nation, c'est le parti - élections fédérales 2008" pour en connaître davantage sur la stratégie de Gilles Duceppe.





Vos commentaires
C'est une campagne fédérale platte, décevante, les chefs ont passé leur temps à se dénigrer, à se blesser dans les pubs à la télé et à s'affubler de bêtises, à s'excuser plutôt que de nous informer sur ce qu'ils feront pendant les 4 prochaines années au pouvoir surtout dans un moment de crise financière cruciale ou il y aura possiblement une récession. Le grands responsables de la défaite d'Harper au Québec sont M. Charest et Mme St-Pierre, ministre de la culture qui ont passé leur temps à critiquer Harper au sujet des transferts fédéraux.Lors du 400e, le fédéral a grassement contribué, la ville de Québec et le provincial. M. Charest essaie de défendre les intérêts du Québec mais il s'y prend mal. Le tour de M.Charest s'en vient, vivra-t-il une campagne similaire..... un peu décevante aussi, dénigrante, blessante, car il aime ce genre de campagne à l'américaine, peut-être sera-t-il minoritaire aussi.....mais il devra faire la paix avec M. Harper...à présent s'il veut avoir des bonbon pour le Québec. Encore une fois, le Québec sera encore un gérant d'estrade avec le Bloc, il veille au grain.... Pendant ce temps, les libéraux, grands perdants, auront de graves décisions à prendre, nul autre alternative que de retourner à une nouvelle course à la chefferie, malheureusement M. Dion ne l'a tout simplement pas. Un gouvernement minoritaire coûte cher à la population et qui paiera, les citoyens.... À bon entendeur....
Une citoyenne qui a voté....
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